samedi 10 mai 2008

Interview

Nous serons audibles, Hugues et moi, sur la webradio Hag'FM (émision "Livres en live") le mercredi 21 mai à 21 heures. Qu'on se le dise !

(Et qu'on m'excuse par avance pour le contenu particulièrement naze de mes réponses : faire une interview à la bourre, debout dans un pré, à l'heure de la digestion, avec des gens derrière qui font des grands signes pour qu'on se magne parce que le car va partir, en plein festival du livre, c'était pas une bonne idée...)

vendredi 9 mai 2008

Nécrologies

Le décès de Pascal Sevran, quelques jours après l'annonce un peu trop hâtive qu'Europe 1 en avait faite, m'a soudain rappelé un épisode assez cruel de la vie de promo.

On est en 2003. Le cinquième album vient de sortir, et Sandrine, notre attachée de presse "télé" préférée, a convaincu la journaliste "culture" d'une grande chaîne de télé (hertzienne) de venir faire un sujet sur le groupe pour le journal télévisé du soir. Nous passons donc la journée à Cherbourg, où notre nouvelle amie engrange des quantités d'images : le groupe en balance, le groupe en concert, le groupe qui court nu sur la plage comme des grands chiens mouillés, le groupe qui boit un chocolat chaud parce qu'il vient de se les peler pour faire le malin devant la caméra, etc. A la fin, on est tous carrément frigorifiés, mais la journaliste est contente, alors nous aussi. Du coup, évidemment, nous posons LA question : "quand verra-t-on le sujet à l'antenne ?" Là, la dame de la télé a comme une hésitation. "Euh, écoutez, je suis embêtée, je voudrais pas vous faire de fausse joie. Normalement, ça passe demain soir, mais...
— Mais quoi ?
— Bin... Y a toutes les chances pour que le sujet saute et ne soit pas diffusé... Enfin... Si Serge Reggiani ne meurt pas, c'est bon. Mais comme il doit mourir bientôt...
— Ah bon ? Serge Reggiani est mourant ? Merde...
— Oui. C'est une question d'heures, mais s'il tient le coup jusqu'à demain, vous êtes marrons...
— Vous avez préparé le reportage sur sa mort, alors ?
— Oh oui, c'est prêt depuis longtemps ! Vous savez, dès qu'on a un peu de temps, on prépare à l'avance la nécro d'une célébrité. Comme ça, le jour où ça arrive, on est tranquilles. Les sujets sont rangés dans ce qu'on appelle "la morgue"[1].

A ce moment-là, Sandrine était arrivée de je ne sais où.

"Ah, Sandrine, tu tombes bien. La dame nous dit que le reportage doit passer demain...
— Oui, enfin je leur expliquais que ça devrait passer demain, si toutefois Serge Reggiani ne meurt pas."

Sandrine s'était étranglée :

"QUOI ?
— Bin vous savez, Serge Reggiani va mourir, et...
— Non mais ça va pas, non ?
— Ah mais si, tout le monde est au courant...
— Non mais vous délirez, ou quoi ? Je suis aussi l'attachée de presse de Reggiani, je vous signale. Je l'ai vu il y a trois jours, il va très bien.
— Non non, il est mourant.
— Rhooo, mais je sais ce que je dis, quand même. Bien sûr, c'est un monsieur de plus de 80 ans, et il n'est plus en état de courir un 400 mètres-haies, mais il va bien.
— C'est que vous n'avez pas eu de nouvelles fraîches, sûrement. Il est mourant.
— IL VA BIEN !
— Non, non, je suis désolée mais vous faites erreur..."

Le lumineux interprète du Petit Garçon et de L'Italien avait encore un an et demi devant lui pour vivre, peindre et chanter, puisqu'il ne nous a quittés qu'en juillet 2004. Mais la journaliste n'a jamais cru Sandrine. Et elle a passé la journée du lendemain à guetter la dépêche fatidique...

Notes

[1] C'est ainsi que j'ai lu un article qui donnait le vertige, il y a quelques mois, dans Libé : je ne sais plus quelle célébrité était décédée. Du coup, le journal avait publié une "nécro" rédigée par un journaliste mort, lui aussi : le gars avait préparé son "papier" d'avance, et il l'avait rangé à la "morgue". Pas de bol, il avait passé l'arme à gauche le premier, plusieurs mois avant celui ou celle dont il rappelait la carrière sur cinq colonnes...

lundi 28 avril 2008

Le meilleur gratin du monde

(Oui oui, ceci est un billet signé Arno tout seul, vous allez comprendre pourquoi en le lisant... Mais mon petit camarade va bien, il reviendra bientôt si le travail le lâche un peu...)

Pas plus tard que la semaine dernière, on discute nourriture entre amis en préparant le frichti du soir. "Y a pas que les plats qui sont importants", dis-je en remuant la cuiller en bois. "Y a aussi la manière de les interpréter. Par exemple, si tu prends un gratin de pommes de terre, tu te dis qu'il n'y a rien de plus bête, comme plat. Bin pourtant, j'ai été marqué à vie par UN gratin de patates, une fois. Pour moi, c'est LE gratin étalon. Le truc que tu ne goûtes qu'une fois dans ton existence, la perfection faite féculent, le Saint-Graal de la bouffe toute simple... C'était à Cournon d'Auvergne, à la Baie des Singes. Bubu, le cuisinier, nous avait servi un gratin comme tu ne peux même pas imaginer d'en voir un. Un truc moelleux, goûtu[1], savoureux[2], divin. Le comble du bonheur, et aussi le comble de la frustration, parce que je sais que jamais je n'arriverai à reproduire ce prodige..."

Et bla-bla-bli, et bla-bla-bla... Bref, je lyriquais[3]à qui mieux-mieux, quoi...

Et trois jours plus tard, alors que je m'occupais d'un salon professionnel ET parisien qui n'a RIEN, mais alors ABSOLUMENT RIEN à voir ni avec la musique (ni avec l'édition, ni avec la cuisine), une des personnes avec qui je discutais me dit : "Ah, au fait, Arno, j'ai un copain qui doit passer me voir, ce soir. Tu pourrais lui indiquer la salle de réunion où je me rends ? Il est... heu... comment te le décrire ? Bin il est auvergnat, chef cuisinier, il s'appelle Bruno..."

Rhaaa ! J'avais retrouvé Bubu ! Joie ! Allégresse ! Tournée générale !

"Aaaaah, Bubu, c'est dingue, je parlais de toi la semaine dernière !!!
— Aaaaah, Arno, c'est dingue, j'ai essayé de voir MSSR plein de fois en concert, depuis la Baie des Singes !..."

Bref, non seulement nous avons fraternisé devant des gens ébahis (le salon en question portait sur les jeux et appareils automatiques pour cafés et salles de jeux. Alors forcément, voir le gars de l'organisation se jeter dans les bras d'un visiteur en parlant concerts et gratins de pommes de terre, y avait de quoi s'interroger sur l'état de nos santés mentales respectives) mais en plus, il m'a donné un exemplaire de son bouquin, YESSSS !

"Les instants gourmands de Bubu", éditions Le Moulin du Gué-Chaumeix,
commandable en librairie si on indique l'ISBN 2-9516881-4-8

Dedans, y a plein de recettes qui font saliver et des illustrations rigolotes de son complice Jean-Louis Gorce. Y a pas le secret de Bubu pour le gratin de patates, évidemment, pas fou, le Bubu, il ne va pas donner la recette du Graal à tout le monde, mais bon... Je vais quand même essayer sa poularde pochée aux écrevisses, pour me consoler...


Bref, tout ça m'a fait (logiquement) repenser à ces deux soirées à la Baie des Singes...

On est en automne 1999. Les musiciens et Tonio rentrent du Québec où ils sont allés avec Hugues, histoire de manger de la poutine et d'acheter des mistis[4]. Je les attrape à Roissy, et pendant que Hugues peut enfin rentrer en Normandie pour se reposer de cette exténuante tournée, je pars avec le reste de l'équipe à Cournon d'Auvergne, où la légendaire Baie des Singes nous attend pour le concert du lendemain. A notre arrivée à l'hôtel, Philippe, l'organisateur, nous appelle : "Hé, les gars, ce soit on a Marc Minelli, c'est trop super, en plus il est normand comme vous ! Venez donc manger à la Baie et applaudir Marc, on a, euh... un petit souci... Mais c'est super !"

Emballés par la perspective d'un bon repas et d'un chouette concert, nous remontons donc dans le camion... "Au fait, Arno !", me racontent les musiciens. "Le Québec c'était vachement bien... Sauf à Sherbrooke, parce qu'il y a eu une tempête de neige, alors les gens n'ont pas pu venir... Mais c'était vachement bien quand même, hein... C'est juste qu'il y avait vraiment trop de neige, quoi..."

"Vous voulez dire", les questionné-je, "qu'il soufflait un vent à décorner les taureaux, que des paquets de neige vous tombaient dessus en rafale, et que la route était intégralement recouverte d'une épaisse couche blanche où il était strictement impossible de conduire ?
— Oué, exactement.
— Comme maintenant, quoi ?
— Euh... Oui, tout pareil..."

Car l'Auvergne avait revêtu son blanc manteau, et notre valeureux camion zigzaguait comme il pouvait jusqu'à la salle de spectacle.

A notre arrivée, nous comprîmes l'empressement de notre hôte à nous attirer jusqu'à son antre : la route était bloquée depuis Clermont-Ferrand, la quasi-totalité des spectateurs avaient rebroussé chemin, et le public de Marc Minelli se composait en tout et pour tout d'un pelé et d'un tondu qui s'étaient égarés là en attendant le dégel...

(A suivre)

Notes

[1] En Normandie, on dit goûtu. Les horsains peuvent dire goûteux si ça les chante, ces gens-là ne savent pas causer comme il faut...

[2] ...Ah oui, par contre "savouru", ça n'existe pas, même à l'ombre des pommiers en fleur...

[3] et je fais des néologismes si je veux

[4] Une sorte de couvre-chef ridicule, mi-cagoule, mi-écharpe, dans lequel Stéphane aime bien cacher sa tête de hibou redoutable...

samedi 12 avril 2008

France 3

Et hop ! Pour voir la vidéo, il suffit de cliquer sur l'image...

jeudi 10 avril 2008

Débuts du groupe : les précisions de Jimi

Comme promis lors de la soirée du 2 avril, Jimi nous a adressé ses précisions sur les débuts du groupe. Les voici les voilà. Bon, on s'est un peu gourés dans les détails, mais on avait prévenu : les années 1991-1996, pour nous, c'est la Pure Légende. Une tradition qu'on se transmet de bouche à oreille de manager, avec des tremblotements dans la voix, en faisant brûler de l'encens pour s'attirer les bonnes grâces de l'Esprit du Grand Zikos. Alors la réalité des faits, hein... En revanche, tout ce qui suit le préambule, dans le bouquin, est — hélas — rigoureusement exact. Y a des moments où ça ficherait presque la trouille, d'ailleurs...

Allez hop, c'est parti, voici donc la mise au point du guitariste à cheveux jaunes. Bien sûr, on s'en servira si le bouquin fait l'objet d'un troisième tirage, c'est promis.


Hello les gars,

Je viens de terminer
Une page de tournée. Félicitations, c'est très riche, drôle et cocasse !

J'ai relevé quelques erreurs, notamment sur la création du groupe : en réalité, l'esquisse de MSSR s'est faite quand Manu et moi nous nous sommes rencontrés lors d'un stage BAFA, alors que nous étions tous les deux formateurs à l'UFCV. Manu avait apporté son violon (aïe, mes oreilles s'en souviennent encore !!!) et moi ma guitare. Il m'a fait découvrir le trad québécois et nous avons commencé à bosser tous les deux cette musique qui, pour moi, venait tout droit du moyen-âge... Nous avons même fait un concert à deux, à "L'Arc-en-Ciel", un bar de la rue Caponière tenu... par des moines ! C'est ensuite que Manu a proposé à François de nous rejoindre, et que ce dernier s'est mis à la mandoline puisque j'avais squatté la guitare.

Peu de temps après, Manu a rencontré Michel lors d'un mariage d'un ami commun à Cherbourg et hop, le premier quatuor était formé en 3 mois. Puis Deny, un brin "ému" à la fin d'une soirée heu... on va dire "festive", à la Fugue, me glisse à l'oreille : "c'est pas mal ce que vous faites, mais il manque une contrebasse". Ma réponse fut instantanée : "t'as qu'a t'y mettre !"

Voilà, grosso merdo, les petites rectifications que j'avais à faire sur le "Préambule". Vérifiez tout cela auprès de François et Deny mais je pense que ma mémoire, enfin ce qu'il m'en reste, n'a pas failli !

Jimi

lundi 7 avril 2008

"Mes souliers" enfin réunis...

...pour manger un morceau et trinquer à la santé du bouquin !

Ça s'est passé mercredi 2 avril dernier, à La Terrasse, rue de Bras à Caen. Et juste avant, on a enregistré une petite séquence pour "Là où ça bouge" sur France 3-Normandie. Des images d'anthologie, à n'en pas douter, qui seront diffusées vendredi prochain, vers 18h40.

Pour voir le déroulement de la soirée, cliquez sur la première vignette et faites défiler la galerie de photos en cliquant sur la gauche ou la droite de chaque cliché...

De tous nos préfaciers, il ne manque que Ludo (empêché par un vilain virus), qui nous a passé un coup de fil du fond de son lit. Il y a des soirs où même les Princes de la Nuit ont aussi des petites baisses de régime...






Voilà. Les photos sont un brin pourries, mais c'est tout ce qu'on a. Après le resto, on est aussi allés faire une bise à Marco, le légendaire patron d'El Camino (quartier de Vaucelles à Caen), mais la batterie de l'appareil photo était en grève.

Et donc, très bientôt, la vérité sur la création du groupe, suite aux précisions de Jimi... Vivement le troisième tirage du bouquin !!!

lundi 31 mars 2008

Démasqués

Si vous voulez voir nos tronches (à vos risques et périls, pensez quand même à éloigner les enfants de l'écran), ça se passe sur le blog de Gabriel...

dimanche 30 mars 2008

Plan de carrière

Ils sont rigolos, chez Facebook. Ils posent des questions qui doivent faire rêver certains...

mercredi 26 mars 2008

Euh...

...Bon, maintenant, il va falloir arrêter de dire "euh", "truc" et "super" dans chaque phrase... (Sinon, on a également enregistré des interviews sur France-Bleu Normandie et France-Bleu Cotentin, avec des réponses beaucoup plus intelligentes vu que Hugues causait dans le poste aussi, mais j'ai pas les sons...)

Merci David ! ;-)

mardi 18 mars 2008

Et vous ?

Bon, nous, ça y est. On a raconté nos souvenirs les plus marquants, ici ou dans le bouquin. On va continuer, rassurez-vous, mais là il faut que le cerveau s'aère un peu et qu'on passe à autre chose pour que la mémoire puisse refaire son boulot correctement.

Mais vous ? C'est quoi, votre souvenir le plus drôle ou le plus marquant avec le groupe ? Vos témoignages sont les bienvenus dans les commentaires...

mardi 11 mars 2008

Petite liste deviendra grande

...et voilà ! Le livre est sorti de chez l'imprimeur dans l'après-midi du 11 mars. Ceux qui l'ont déjà commandé sur le site de Devoldaere le recevront jeudi, si le courrier est rapide.

Pour les autres, nous avons mis en place une page qui récapitulera les librairies où il sera en rayon dès samedi. Pour l'instant, le travail ne fait que commencer, et la liste est bien courte. Si vous voulez nous aider à la faire grossir, c'est facile : demandez Une page de tournée à votre libraire préféré...

mardi 4 mars 2008

Bonus

Bon, alors on s'est esquinté les yeux à relire le truc à peu près 120 fois en trois jours.

On a révisé l'accord du participe passé avec l'auxiliaire "avoir" dans le cas des verbes pronominaux (personnellement, le gars qui a inventé les règles d'accord du participe passé avec l'auxiliaire "avoir", je lui ferais bien bouffer mon Bescherelle, mais bon...)

On a traqué la faute, débusqué le doublon, pulvérisé l'approximation, désintégré les coquilles.

On a corrigé, biffé, raturé, fait des pâtés.

On s'est pris la tête avec les règles de typographie à la française.

Et puis finalement, on a signé le bon à tirer.

Et là, ce soir, alors que je feuillette les épreuves sans y penser, bing ! Deux grosses fautes qui me sautent à la tronche. En deux secondes. AAAARG !

Alors je vous préviens : heureusement que cette première édition a un tout petit tirage, parce que ça risque d'être un collector...

A part ça, aux dernières nouvelles, les machines sont bien en train d'imprimer le bouquin, et ceux qui l'ont déjà commandé devraient le recevoir sous 7 jours MAXIMUM, maintenant.

En attendant, et pour passer le temps, vous pouvez télécharger ici un chapitre inédit (au format PDF)... Si vous avez un MAC, attention : avec certaines versions du visualiseur de l'OS X, les caractères accentués risquent de vous paraître tout bizarres... Dans ce cas, ouvrez le PDF avec Acrobat Reader, et ô miracle !, ça fonctionnera. En revanche, pas de souci normalement pour les utilisateurs de Windows et de Linux (testé sous Ubuntu et Xandros). Pour des raisons pratiques, j'ai ramené la taille du PDF à un format A5, donc ne vous étonnez pas si les marges extérieures vous semblent un peu étroites, c'est normal.

A bientôt !

Arno

P.S. Accessoirement, j'ai réparé le blog, aussi. J'avais pas vu que l'affichage était tout cassé, pardon...

jeudi 28 février 2008

Mauvaise nouvelle...

...le livre qui devait nous être livré cette semaine a pris du retard de fabrication. La faute à la vilaine grippe qui a cloué Arno au lit pendant près d'une semaine.

Bon, honnêtement, si on avait voulu, en doublant les doses de paracétamol et de vitamine C, on aurait pu sortir dans les temps quelque chose qui aurait vaguement ressemblé au bouquin. Mais on s'est dit que vous nous pardonneriez plus facilement quelques jours de retard plutôt qu'un machin bâclé à la va-vite avec 39° de fièvre.

On connaîtra demain la date de livraison des cartons de livres chez notre éditeur préféré, et du coup la date de réception des bouquins achetés en souscription. Inutile de dire qu'on vous tiendra au courant dès que l'info nous aura été transmise.

En attendant, recevez toutes nos excuses pour ce désagrément.

Mise à jour. Hello, ici Arno au clavier, pendant que mon petit camarade vit de nouvelles aventures musicales. Ayé, je vais bien, je suis reparti à fond les ballons. Ceka dit, la date de sortie officielle du bouquin devrait être reportée au samedi 15 mars. C'est donc ce jour-là que vous le devriez le trouver en librairie, en Basse-Normandie (ou ailleurs si vous enquiquinez votre libraire préféré). Bien entendu, il n'en est pas de même pour celles et ceux qui l'ont déjà commandé directement sur le site de Devoldaere : ceux-là le recevront avant, dès que nous serons livrés (enfin, euh... le lendemain, quand même, on n'a pas encore de machines à téléporter comme dans Star Trek). "Et vous serez livrés quand ?", allez-vous me demander ? Honnêtement, pour l'instant, je ne le sais pas encore. Mais je mettrai une note sur le blog dès qu'on m'aura communiqué la date, évidemment. Tout le monde fait tout son possible pour que ça aille le plus vite possible.

lundi 11 février 2008

Bonnet rouge et rouge bonnet

Au début, c'est un bonnet rouge au milieu d'une foule de spectateurs. On se dit "tiens, le commandant Cousteau est parmi nous, ce soir !". Et puis le bonnet revient au concert suivant, et encore à celui d'après. Alors on échange un petit signe de connivence, on se dit bonjour. Et finalement, le gars sous le bonnet s'enhardit : "ça ne vous dérange pas, si je filme ?"

Bien sûr, que ça ne nous dérange pas ! Surtout que c'est demandé gentiment. Pour nous remercier, le propriétaire du bonnet rouge nous offre une copie de chaque cassette qu'il a tournée. Les VHS s'empilent au bureau et dans nos maisons, soigneusement étiquetées avec la date, le lieu, et parfois une mention marginale... En 1997, Arno avait imaginé une chorégraphie stupide, dans laquelle il se moquait des paroles de Nuit Humide, une chanson de François qui figure sur le premier album. Concert après concert, c'était devenu un running gag : dès les premiers accords de ce, hum, morceau de bravoure, comment dire, euh, poétique (!), le manager goguenard accourait au premier rang des spectateurs et se déhanchait niaisement pour amuser les musiciens... Souvent, le groupe lâchait une ou deux fausses notes, François s'étranglait de rire dans son micro, et le farceur ricanait de satisfaction. Un soir, pour se venger, le groupe l'avait littéralement happé dans la "fosse", puis l'avait vigoureusement projeté sur scène pour l'obliger à exécuter sa danse devant une salle pliée de rire. Capturé par la caméra sous le bonnet rouge, le souvenir est toujours là, sur une étagère du bureau où nous tapons les billets de ce blog. Il est titré : "MSSR à Saint-Lô (Arno en Clodette)", et nous n'avons pas osé regarder la cassette, depuis...

Les concerts passent, ils reviennent, inlassables : Alain, l'homme au bonnet, et Liliane, la femme de l'homme au bonnet. Après avoir écumé la Normandie, le groupe commence à voir du pays. Nous faisons nos premières excursions dans le Nord ? Alain et Lilane partent en vacances au pied des terrils. Nous trouvons une date à Clermont-Ferrand, à Montpellier ? Ils renouent ici avec une tante, là, avec une cousine...

En 1999, pendant la balance, à Hazebrouck (le gars qui ricane, à gauche, c'est le Toune, un habitué de la mailing-list de l'époque). Photo : Arno.

Ça pourrait être inquiétant, ce couple qui nous suit partout. Mais Liliane et Alain sont tout sauf inquiétants. Ils ne sont ni "fans" ni "groupies", juste des gens normaux (c'est un compliment), qui aiment aller au concert un peu plus que la moyenne... Et, grâce à leur gentillesse légendaire, ils trouvent vite le moyen de se faire apprécier par l'ensemble de l'équipe.

Et puis, ils fédèrent : autour d'eux, d'autres spectateurs reviennent, heureux d'avoir trouvé une bande où le bon esprit et la convivialité sont les maîtres-mots. Liliane et Alain organisent même une sorte de jumelage informel avec une autre habituée des concerts, la Belge Arlette. En fonction des concerts, les uns s'invitent chez les autres, et réciproquement. Quand Alain prend enfin une retraite bien méritée, leur emploi du temps s'en trouve simplifié : désormais, ils pourront assister à tous les concerts du groupe, ou presque.

Avec nous tous, musiciens, techniciens ou managers sans distinction, ils sont aux petits soins : ils pensent aux anniversaires, célèbrent les naissances, donnent un coup de main pour décharger le camion, gardent le "stand" de vente de CD pour que le manager puisse aller se rafraîchir... A l'été 1999, le groupe joue à Saint-Christophe-le-Jajolet, tout près de chez eux. "Surtout, vous passez à la maison, hein ! On a une petite surprise pour vous..." La "surprise", c'est Gwenn et Jean-Louis, des organisateurs de concerts chez qui nous avons fait de joyeuses fêtes, en Belgique... Ce jour-là, inutile de dire que la balance a sacrément pris du retard !

En 2001, le groupe joue pour la première fois à Limoges, au John-Lennon. A son arrivée rien n'est encore prêt. Pourtant, le régisseur de la salle court dans tous les sens. "Le patch ? Ah bin non, le patch n'est pas fait, j'ai pas eu le temps !", explique-t-il à Hugues. "Tu comprends, il a fallu que j'installe un praticable pour l'équipe télé. Puis j'ai barriéré, pour qu'ils puissent filmer tranquilles ce soir. Ensuite je leur ai amené du jus, et puis je leur ai mis un quartz, parce que, quand même, c'est un peu juste en lumière, et puis..." Hugues se gratte la tête un moment : l'équipe télé ? Mais QUELLE ÉQUIPE TÉLÉ ? Et soudain, le manager aperçoit Alain, au balcon, avec sa caméra et son grand sourire... Depuis plusieurs années, l'homme au bonnet rouge a garni son matériel vidéo d'un magnifique autocollant "France 3 Normandie"... Complètement bidon, l'autocollant, mais bien pratique pour se faufiler n'importe où... "Salut, Hugues !", lance "l'équipe télé", hilare. "Ça se passe comme tu veux ? Moi, en tout cas, je suis au poil !"... T’as raison, Alain, c'est juste qu'il est 18 heures et qu'on n'a pas sorti un seul instrument du camion...

A force de discrétion, de prévenance et de sourires, Liliane et Alain ont donc fini par faire partie de la famille.

Heureusement pour eux (pour la santé de leurs oreilles, surtout), ils ont d'autres goûts musicaux que "Mes souliers sont rouges" : ainsi, ils ont suivi, avec la même assiduité, les concerts de Tri Yann ou du Diabl' dans la Fourche, par exemple. N'empêche que, le 27 janvier 2007, le soir du dernier concert en Basse-Normandie, musiciens, techniciens et managers n'étaient pas les seuls à refermer la parenthèse sur une belle et longue aventure. Pour l'occasion, on a même vu Alain enfiler un costard-cravate et quitter son bonnet rouge. C'est dire si l'heure était historique !

Cliché historique : Alain en costard et sans bonnet, pour le dernier concert... (Photo : Arno)

mercredi 6 février 2008

Aïe !

Ça devait arriver : le blog fait actuellement l'objet d'une attaque massive de commentaires spams. C'est-à-dire que nous recevons des centaines de commentaires depuis hier soir, avec des liens permettant d'acheter des pilules bleues, de claquer tout son fric au casino virtuel ou bien d'agrandir certaines parties de l'anatomie masculine.

Lesdits spams sont heureusement filtrés par un dispositif adéquat, mais, du coup, il y a de fortes chances pour que les commentaires des vrais gens en chair et en os passent automatiquement à la trappe, eux aussi... Nous sommes désolés pour cette avarie. Ça devrait finir par se calmer... Enfin, on l'espère.

Post-scriptum du 8 février. L'attaque ne se calme pas. Nous sommes donc obligés de restreindre les commentaires : désormais, seuls les billets vieux de moins de 15 jours peuvent être commentés. Merci pour votre compréhension.